Tu veux acheter les bonnes fraises pour ta défonceuse…et tu te retrouves face à un mur.
Coffrets de 12, 24 ou 30 pièces.Profils à n’en plus finir.
Différents diamètres, roulements, queues en 6, 8 ou 12 mm.
Carbure monobloc, plaquettes brasées, plaquettes interchangeables…
Résultat : tu peux dépenser beaucoup, très vite, sans pour autant mieux usiner.
Dans cet article, je te propose une approche plus simple — et surtout plus efficace :
comprendre ce qui fait réellement la qualité et l’usage d’une fraise, avant même de penser à constituer un kit.
L’objectif n’est pas d’avoir beaucoup de fraises, mais les bonnes, celles qui couvrent 80 % des besoins réels en menuiserie : rainures, feuillures, affleurage, gabarits, assemblages, finitions simples.
Au passage, je te partage aussi deux points souvent négligés :
- comment choisir intelligemment entre roulement et bague à copier, selon le type de gabarit et la profondeur d’usinage.
- comment ranger tes fraises sans les abîmer (humidité, oxydation),
Avant d’acheter : ce que ta fraise doit réussir
Avant de parler de profils, de diamètres ou de marques, il faut remettre les choses dans le bon ordre.
Une fraise, ce n’est pas un objet à collectionner.
C’est un outil qui doit réussir un travail précis, dans de bonnes conditions, avec ta défonceuse.
Quand on débute — ou même après plusieurs années — on raisonne souvent à l’envers :
on regarde les coffrets, on se demande “laquelle pourrait servir”, puis on achète des profils qui resteront au fond d’un tiroir.
La bonne approche est exactement l’inverse :
partir de ce que tu veux fabriquer, puis identifier les fraises réellement sollicitées.
Les trois grandes familles de travaux à la défonceuse
Dans la grande majorité des ateliers, les fraises servent à trois types de travaux bien distincts :
- L’usinage “droit” : rainures, feuillures, logements, ajustements.
C’est le cœur du travail à la défonceuse. Une fraise droite bien choisie fait déjà énormément de choses. - Le profilage : chanfreins, quarts-de-rond, petits profils décoratifs.
On est ici dans la finition et l’esthétique. Ces fraises sont très visibles… mais souvent moins utilisées qu’on ne l’imagine. - Le travail avec gabarit ou guidage : affleurage, copiage, assemblages, répétitions en série.
C’est là que le choix entre roulement, bague à copier et type de fraise devient déterminant.
Comprendre dans quelle famille se situe ton besoin permet déjà d’éliminer beaucoup de fraises inutiles.
Ce qui compte vraiment : précision, effort et répétabilité
Une fraise ne se juge pas uniquement à son profil. Ce qui fait la différence à l’usage, c’est :
- la précision : une fraise mal adaptée peut laisser des écarts, des traces ou des défauts d’ajustement ;
- l’effort à la coupe : plus la coupe est douce, plus tu contrôles la machine ;
- la répétabilité : pouvoir refaire le même usinage plusieurs fois sans te battre avec les réglages.
Sur ces points, toutes les fraises ne se valent pas, même à diamètre ou profil équivalent.
Le piège classique : commencer par les profils
C’est une erreur très fréquente : acheter d’abord des fraises “qui font joli” (quart-de-rond, congés, moulures) alors que les fraises droites sont celles qui travaillent le plus.
Dans la pratique, ce sont :
- quelques fraises droites bien choisies,
- une fraise pour copier ou affleurer,
- et une fraise de finition simple (chanfrein, par exemple)
qui couvrent l’immense majorité des besoins.
Le reste vient ensuite, en fonction de tes projets, pas avant.
👉 À ce stade, retiens surtout une chose : une bonne fraise n’est pas celle qui promet le plus, mais celle qui coupe proprement, longtemps, sans te forcer à compenser à la machine ou au geste.
Ranger ses fraises sans les abîmer (oxydation, humidité, chocs)
Je range mes fraises dans un tiroir, sur une surépaisseur de MDF percée de trous.
C’est pratique… mais pas idéal.
Quand je vivais à la Réunion, île tropicale, avec un fort taux d’humidité, j’ai vite constaté un problème :
tout ce qui est en contact avec le bois finit par s’oxyder.
Sur certaines fraises quasi neuves, la trace d’oxydation correspond exactement à l’épaisseur du médium.
Mon tiroir contenant l’ensemble de mes fraises avec la surépaisseur en MDF
Fraise présentant une trace d’oxydation dû au MDF
Ma recommandation :
privilégier une surépaisseur en mousse très dense ou en plastique.
Une simple planche à découper se perce très bien et évite que l’humidité soit stockée puis restituée.
Dans un tiroir d’environ 30 × 50 cm, j’ai ainsi toutes les fraises réellement utiles — sans les abîmer.
Types de fraises : carbure monobloc, plaquettes brasées, plaquettes interchangeables

Le bon choix selon ton usage
Quand on parle de carbure monobloc, de plaquettes brasées ou de plaquettes interchangeables, il n’y a pas de “meilleure” fraise dans l’absolu.
Il y a surtout une fraise adaptée à ton usage réel, à ta manière de travailler et au type de projets que tu fais.
Si tu te trompes ici, tu peux avoir :
- une fraise très chère qui s’use trop vite,
- une fraise imprécise pour un travail d’ajustement,
- ou une fraise agréable… mais pas durable.
Voyons donc ces trois familles du point de vue de l’atelier, pas du catalogue.
Fraises carbure monobloc : précision et douceur avant tout

Les fraises carbure monobloc sont usinées dans la masse.
Elles offrent en général :
- une excellente précision,
- une coupe très douce, surtout sur les fraises hélicoïdales,
- une grande facilité de plongée.
Elles sont particulièrement agréables à utiliser pour :
- des rainures propres,
- des usinages précis,
- des travaux où tu veux sentir finement l’effort à la coupe.
Le revers de la médaille, c’est que :
- quand le tranchant est vraiment usé, la fraise est souvent bonne à remplacer ;
- sur certains matériaux (panneaux chargés, MDF de mauvaise qualité), l’usure peut être très rapide.
C’est un excellent choix pour le confort et la qualité de coupe, mais pas toujours le plus rentable à long terme.
Fraises à plaquettes carbure brasées : simples, mais avec des limites

Ce sont les fraises “classiques” que l’on trouve dans beaucoup de coffrets.
Les plaquettes carbure sont soudées sur le corps de la fraise.
Elles ont pour avantages :
- un coût souvent plus accessible,
- une bonne polyvalence,
- une disponibilité très large.
Mais elles ont aussi des limites :
- l’affûtage est possible, mais très limité ;
- une fois trop usées ou abîmées, la fraise devient inutilisable ;
- la précision peut varier légèrement d’une fraise à l’autre.
Elles font le travail, mais ne sont pas forcément idéales pour des usinages exigeants ou répétitifs.
Fraises à plaquettes carbure interchangeables : le compromis intelligent

Ici, les plaquettes sont démontables et remplaçables.
C’est une approche très différente.
À l’usage, on gagne :
- une qualité de coupe remarquable,
- une grande régularité dans le temps,
- un coût maîtrisé, puisqu’on ne remplace que les plaquettes.
Elles sont particulièrement intéressantes pour :
- les travaux répétés,
- les matériaux abrasifs,
- les usinages où la fiabilité est essentielle.
Le léger compromis peut être :
- un prix d’achat initial plus élevé,
- parfois une précision théorique légèrement inférieure au monobloc (selon les modèles).
Mais dans un atelier qui travaille régulièrement à la défonceuse, c’est souvent le meilleur équilibre entre qualité, durabilité et sérénité.
👉 Si tu débutes ou que tu veux un atelier cohérent, inutile de multiplier les technologies. Mieux vaut comprendre les compromis de chaque type et choisir celui qui correspond réellement à ton usage.
Queue 6/8/12 mm : ce que ça change vraiment (stabilité, vibration)
En Europe et en France plus exactement, vous allez avoir 3 types de diamètres : 6, 8 et 12 mm.
Personnellement, du 6 j’en ai plus depuis bien longtemps.
Voici une de 12 et une de 8. On comprend tout de suite que celle de 8 sera plus sensible à la vibration et qu’elle ne fera pas le même travail que la 12.

Si votre défonceuse le peut, choisissez des fraises avec un gros diamètre. On ressent beaucoup mieux les vibrations, l’effort sur la défonceuse. Ce qui donne un feedback pour être capable de bien la diriger.
👉 En pratique, plus la fraise est rigide, plus la défonceuse devient lisible dans les mains. C’est souvent à cet endroit que la précision se joue… sans que l’on s’en rende compte au départ.
Roulement vs bague à copier : lequel choisir, deux guidages, deux logiques
L’intérêt du roulement, c’est de pouvoir guider la défonceuse. Mais le roulement a une grande limite, que je vous explique à travers un exemple. Si l’on veut faire un système d’attache pour du plan de travail de cuisine. On met ce gabarit entre deux plans de travail, on usine un logement et l’on a un système de ferrure qui permet de boulonner les 2 parties. Si vous voulez usiner avec une fraise à copier, le roulement doit venir s’appuyer contre le gabarit. Je suis donc obligé d’usiner sur toute la hauteur de la fraise.


Donc soit il va falloir trouver un système de calage pour rehausser le gabarit et ainsi usiner moins profondément soit on utilise une fraise droite classique avec une bague à copier. Ce qui est beaucoup plus pratique. La bague à copier est indépendante de la fraise, on a un système de guidage et je peux venir descendre la fraise de 2mm si je le souhaite. Je ne suis pas contraint par le roulement qui doit être en appui sur le gabarit.
J’accorde autant d’importance à la qualité des fraises et à la quantité qu’au nombre de bagues à copier que je dois avoir pour tirer pleinement parti de ma défonceuse.
Les grandes catégories de fraises :
Les fraises droites classiques :
Je vous présente deux fraises de mêmes types, mais de qualité différente. Sur la fraise bleue, vous avez deux couteaux, mais vous n’avez rien au milieu qui relie les deux tranchants. Elle est incapable de plongée ou alors si vous plongez il faut avancer avec la défonceuse.
Alors que la deuxième (noire) a un tranchant au milieu qui relie les deux couteaux. Cela va permettre de plonger. Cependant, il faut comprendre que ce tranchant droit va surtout permettre de gratter et d’évacuer les copeaux. Si vous faites 15 trous avec, la fraise va chauffer.

Fraise bleue : pas de tranchant au milieu, ne plongera pas
Les fraises à roulement :
Je vous présente une série de fraises qui ont toutes un roulement que ce soit en haut ou en bas ou même les deux.

Roulement en haut = Fraise à copier
Roulement en bas = Fraise à affleurer
Les fraises droites à roulement :
Sur cette fraise à plaquette rapportée, on a le petit inconvénient du prix et parfois de la précision qui n’est pas parfaite. Mais on a un tranchant qui est toujours excellent. Lorsqu’on a un tranchant émoussé, on ne jette pas la fraise en entier, mais juste une plaquette. On a une qualité de coupe qui est extraordinaire, qui n’a rien à voir avec les deux premières. Actuellement, je me rééquipe vers ce type de fraises. Cette fraise ne plonge pas non plus.

La seconde fraise entre mes mains est une très bonne fraise à affleurer, de très bonne qualité. On a un tranchant qui est incliné. Ce qui nous assure une coupe progressive et qui limite énormément le risque d’éclats, un peu à la manière d’un arbre hélicoïdal sur une dégau.

À l’époque où je faisais mon escalier, j’ai acheté du médium de mauvaise qualité. Il était chargé de silice et autres saletés couramment ajoutées à sa fabrication. En une demi-heure, j’ai détruit la fraise. Il faudrait la reprendre fortement à l’affutage, sauf que si je faisais ça, elle ne serait plus une fraise à affleurer. Elle n’aurait plus le même diamètre que son roulement.
Donc sur des fraises comme celle-ci, l’intérêt de partir sur des fraises à plaquettes de carbure rapportées est énorme.
Fraises à profiler et affleurer :
Ce sont des fraises de type à affleurer, mais qui vont aussi profiler. Par exemple, je vais placer le roulement contre le bord de mon bois et créer un profil voulu. Ici à droite, un quart-de-rond.


La fraise bleue a un profil qui me sert à faire des dominos en série. Elle me permet de faire les dominos en 3 épaisseurs d’un coup, une fois d’un côté une fois de l’autre. Ça va très vite et on peut les faire en grande quantité.


La défonceuse est un outil extraordinaire et polyvalent à condition de bien l’exploiter avec plein d’accessoires.
Panorama des fonctions : ce que tu peux vraiment faire avec une défonceuse
Avant d’entrer dans le détail, une précision importante :
toutes les fonctions de la défonceuse n’ont pas le même poids dans un atelier.
Certaines opérations sont utilisées en permanence, d’autres plus ponctuellement, et certaines demandent déjà une bonne maîtrise de la machine.
Dans la pratique, la majorité des projets repose sur quelques opérations simples, répétées proprement :
rainures, feuillures, affleurage, copiage.
Ce sont elles qui méritent ton attention en priorité.
Si certains usages te paraissent complexes à ce stade, c’est normal. Ils ne sont pas faits pour être maîtrisés immédiatement, mais pour être compris progressivement.
Profilage “façon toupie” :
Viennent ensuite les opérations de mise en forme : chanfreins, congés, profils décoratifs.
Elles ne sont pas indispensables au départ, mais elles apportent rapidement :
- une finition plus propre,
- une lecture plus qualitative des arêtes,
- et un vrai confort visuel.
Personnellement, j’utilise énormément une simple fraise à chanfreiner.
Une arête légèrement cassée, proprement, est souvent plus moderne et plus élégante qu’un quart-de-rond marqué.

L’avantage du chanfrein, c’est sa polyvalence :
avec une seule fraise, tu peux faire un petit chanfrein discret ou un chanfrein plus large, simplement en ajustant la profondeur.


À l’inverse, les fraises à quart-de-rond imposent d’avoir un rayon par fraise, ce qui multiplie vite les références.


👉 À retenir : une fraise polyvalente bien utilisée vaut souvent mieux qu’une collection complète.
Surfaçage / corroyage à la défonceuse :
On sous-estime souvent la capacité de la défonceuse à surfacer.
Avec une fraise adaptée et une méthode rigoureuse, il est tout à fait possible :
- de dresser une face,
- de rattraper une planéité,
- ou de travailler des pièces trop larges pour une machine stationnaire.
Ces fraises travaillent en passes légères, par allers-retours.
Ce n’est pas la rapidité qui compte ici, mais la régularité et la maîtrise.
👉 Ce n’est pas un usage de débutant, mais c’est une fonction très puissante quand on en comprend les limites.
Pour cela, j’ai longtemps travaillé avec cette fraise. On est sur une fraise à surfacer, potentiellement elle pourrait plonger, mais avec un diamètre de 20mm, on ne va pas le faire.

FraiserTools m’a envoyé cette fraise noire à corroyer. Ici, c’est leur petit modèle. Elle fait environ 35mm, elle est en queue de 8, mais elle existe en différentes tailles de queue. Avec cette fraise, on est capable de surfacer de grandes surfaces.

Rainures et feuillures :
C’est l’un des usages les plus courants de la défonceuse.
On peut les réaliser :
- avec des fraises droites,
- ou avec des fraises à disques et roulements.
Avec des fraises à rainurer :
Les fraises à disques sont extrêmement efficaces et rapides, notamment pour les rainures répétitives.
Mais elles demandent de la méthode et de la rigueur : on ne plonge jamais à la volée avec ce type de fraise.

Cette fraise est très pratique :
- On a un roulement
- On peut monter différentes largeurs de roulement.
- Avec ce type de fraise, il est très facile de venir en appui sur le côté de faire une rainure voire une feuillure si l’on déborde sur le haut. Elle permet une réalisation rapide et efficace.

Cependant, je ne conseillerai pas leur usage à un débutant. Il ne faut surtout pas plonger avec la machine en marche avec cette fraise sinon ce sera un massacre.
Petite information : On reconnait la couleur mauve de la société HM Diffusion qui n’existe plus maintenant. Mais il semblerait que la société Bordet ait repris la gamme, notamment pour le peigne à faire les assemblages à queues d’aronde.
Avec des fraises droites :
Avec une fraise droite, même s’il est possible de faire une rainure sur le chant d’une planche, il faudra que la planche soit bien verticale, que la défonceuse soit mise sur le chant de la planche donc beaucoup moins stable. Le rendement sera également bien plus faible.
Dans ma formation, je vous montre comment gagner en stabilité et travailler sur le chant d’une planche en sécurité.
👉 La défonceuse de A à Z
Avec des fraises en T (petite rainure spécifique) :
Cette fraise étonnante est une fraise en T. Je vais plonger et usiner un trou. Une fois plongée, je peux déplacer la fraise et faire une petite rainure grâce aux petits couteaux qui sont au-dessus. Elles sont délicates à utiliser, car arrivées au bout, il faut revenir au départ et sortir la fraise par le trou.


On a fait un usinage qui permet de glisser une tête de vis. C’est absolument parfait pour accrocher un miroir ou autre à un mur de manière invisible et bien plaqué.

C’est une très bonne petite fraise, très souvent présentée dans les kits de démarrage dont les gens ignorent souvent l’utilisation.
Assemblages : bien plus qu’une machine à faire des rainures
On associe souvent la défonceuse à de simples rainures ou feuillures.
En réalité, c’est un outil extrêmement puissant pour les assemblages, à condition de bien comprendre ses logiques de guidage.
Avec une défonceuse, tu peux réaliser :
- des assemblages simples et efficaces : rainures, feuillures, languettes ;
- des assemblages de cadre : enfourchements, mi-bois, feuillures d’onglet ;
- des assemblages plus techniques : queues droites, queues d’aronde, mortaises. Par exemple, pour les queues d’aronde, vous devrez utiliser une fraise spécifique, une fraise à queue d’aronde

Ce n’est pas la fraise seule qui fait la qualité de l’assemblage, mais :
- la stabilité de la machine,
- le type de guidage (guide parallèle, gabarit, bague à copier),
- et la cohérence entre fraise, bague et méthode.
👉 La défonceuse excelle quand elle travaille dans un cadre maîtrisé.
Écriture et folding :
Les fraises à écrire servent assez peu. On les utilise généralement à la volée, pour écrire. Elle aide à prendre en main la défonceuse, c’est un bon exercice.

Lorsque vous utilisez cette fraise et que vous plongez de 3mm, vous allez avoir que très peu d’effort à faire. C’est une première utilisation très agréable de la défonceuse. Cela permet de s’entrainer à suivre un trait, utiliser la défonceuse à la volée. Même si c’est une utilisation qu’on rencontre peu souvent, elle est parfaite pour découvrir les efforts de coupe qui font dériver par exemple.
La fraise mauve, plus précise avec un angle de 90° peut être utilisée, elle, pour la méthode du folding. Cette technique consiste à usiner des rainures en laissant une très faible épaisseur de bois, ce qui va permettre de plier le bois.


👉 Dans la réalité de l’atelier, on n’utilise pas tout. La majorité des projets reposent sur quelques opérations simples, répétées proprement. Le reste vient avec le temps, quand la méthode est en place.
C’est précisément cette progression que je travaille en formation : partir des usages courants, pour construire des gestes fiables avant d’élargir le champ des possibilités.
Kit de premiers secours : les fraises qui font 80% du boulot
Si tu devais constituer un kit cohérent, capable de couvrir 80 % des besoins réels, voici ce que je retiendrais.
Pas un coffret impressionnant, mais un ensemble logique.
Pour les finitions simples :
- Une fraise à chanfreiner :

- Une à deux fraise en quart-de-rond. Ici, j’ai mis du 5 et du 10.

Pour l’usinage courant :
- 4 fraises droites longues : 8, 10, 12, 16.

Selon ton atelier :
- Une fraise à surfacer : Selon si vous avez accès à une dégauchisseuse ou non, ou du bois corroyé ou pas.

Pour le travail avec gabarit :
- Une fraise droite à copier et une à affleurer : Intuitivement j’aurai tendance à vous conseiller de les prendre en plaquettes carbure rapportées interchangeable, sauf que je ne suis pas sure qu’elles soient disponibles pour des pinces de diamètre 8. Privilégiez plutôt une petite fraise à affleurer même si celle sortie est un peu exagérée.

Pour les assemblages spécifiques :
- Une fraise à queue d’aronde
👉 Ce kit couvre déjà l’immense majorité des situations, sans dispersion.
Où je trouve mes fraises :
- https://www.fraisertools.com/fr/
- https://www.bordet.fr/fraises-de-defo…
- https://www.outillage2000.com/defonca…
- http://www.mobiltecnica.com/
❌ Erreurs fréquentes : ce qui te fait perdre précision et argent
Même avec de bonnes informations, certaines erreurs reviennent très souvent à l’atelier.
Les identifier te fera gagner du temps, de l’argent et surtout beaucoup de sérénité.
Acheter des coffrets trop complets trop tôt
C’est sans doute l’erreur la plus répandue.
Les coffrets très fournis donnent l’impression d’être prêt à tout… mais dans la réalité, une grande partie des fraises ne servira jamais.
Résultat :
- de l’argent immobilisé,
- des fraises qui s’oxydent ou s’abîment sans usage,
- et un vrai flou au moment de choisir la “bonne” fraise.
👉 Mieux vaut quelques fraises bien choisies, utilisées souvent, que trente profils inutiles.
Choisir une fraise uniquement pour son profil
Un quart-de-rond ou un congé peut être très séduisant sur la photo.
Mais ce qui compte réellement, c’est :
- la qualité de coupe,
- la stabilité à l’usinage,
- et l’effort demandé à la défonceuse.
Deux fraises au profil identique peuvent se comporter de manière totalement différente à l’usage.
Le profil ne doit jamais être le seul critère de choix.
Travailler avec un diamètre de queue trop petit
Les fraises en queue de 6 ou de 8 mm ont leur place, mais elles sont :
- plus sensibles aux vibrations,
- moins tolérantes aux efforts,
- plus délicates sur les passes profondes.
Dès que ta défonceuse le permet, le diamètre 12 mm apporte un vrai confort :
- meilleure stabilité,
- meilleur retour d’effort,
- usinage plus maîtrisé.
Utiliser un roulement là où une bague à copier serait plus adaptée
Le roulement est pratique, mais il impose :
- une profondeur d’usinage liée à sa position,
- un guidage dépendant de l’épaisseur du gabarit.
Pour beaucoup d’assemblages ou de travaux précis, la bague à copier est plus souple et plus fiable.
Ne pas faire cette distinction limite énormément le potentiel de la défonceuse.
Négliger l’état et le rangement des fraises
Une fraise mal rangée, exposée à l’humidité ou à la poussière, s’oxyde rapidement.
Et une fraise émoussée ou endommagée :
- force plus,
- chauffe,
- et dégrade la qualité de coupe.
Un rangement adapté et un minimum d’entretien font partie intégrante du choix des fraises.
Vouloir tout faire avec une seule fraise
C’est tentant, mais rarement efficace.
Chaque fraise a une plage d’utilisation raisonnable.
Forcer un usage inadapté conduit :
- à une coupe médiocre,
- à une usure prématurée,
- et parfois à des situations dangereuses.
👉 Une fraise bien choisie… mais mal utilisée, reste une mauvaise fraise.
Et la défonceuse dans tout ça ?
Le choix des fraises ne peut pas se faire indépendamment de la défonceuse elle-même.
Puissance, diamètre de pince, qualité des réglages, accessoires compatibles… tous ces éléments influencent directement les fraises que tu peux utiliser et la manière dont elles vont travailler.
Si tu veux prendre du recul et comprendre comment le choix de la défonceuse conditionne ta progression à l’atelier, j’ai rédigé un guide complet dédié à ce sujet :
👉 Choisir une défonceuse : guide complet pour bien progresser en menuiserie
Et bien sûr, le choix des fraises n’a de sens que si ta défonceuse est cohérente avec ton usage (puissance, pinces, ergonomie, accessoires).
Ce guide te permettra de faire le lien entre la machine, les accessoires et les fraises, pour construire un ensemble cohérent et éviter les mauvais investissements.
Conclusion
Bien choisir ses fraises de défonceuse, ce n’est pas chercher la fraise parfaite ni accumuler des coffrets impressionnants.
C’est surtout comprendre ce que tu veux faire, avec quelle machine, et dans quelles conditions de précision et de sécurité.
En pratique, on se rend vite compte que quelques fraises bien choisies, de bonne qualité, utilisées dans le bon contexte, permettent déjà de couvrir une immense majorité des travaux : rainures propres, feuillures nettes, assemblages précis, profils soignés.
Là où les choses se compliquent — et où beaucoup se découragent — c’est au moment de les exploiter réellement : réglages, profondeur de passe, sens d’usinage, gestion des efforts, choix entre guide, roulement ou bague à copier.
La fraise n’est jamais qu’un outil : c’est la méthode qui fait la différence.
Si tu as envie d’aller plus loin, de gagner en précision sans multiplier les essais, et surtout de comprendre pourquoi ça fonctionne (ou pas), j’ai construit une formation complète dédiée à l’utilisation de la défonceuse.
On y travaille les fraises, bien sûr, mais surtout leur mise en œuvre concrète, pas à pas, avec une logique de progression pensée pour les menuisiers amateurs exigeants.
👉 Découvrir la formation défonceuse et apprendre à exploiter pleinement tes fraises.
Retrouvez ces informations en vidéo ici :
FAQ — Bien choisir ses fraises de défonceuse
Quelle est la meilleure fraise pour débuter à la défonceuse ?
Il n’existe pas une “meilleure” fraise universelle, mais un trio de départ efficace :
une fraise droite de bonne qualité, une fraise à copier ou à affleurer, et une fraise à chanfreiner.
Avec ces trois-là, tu peux déjà réaliser des rainures, feuillures, copiages et finitions propres sur la majorité des projets courants.
Faut-il acheter un coffret de fraises de défonceuse ?
Dans la majorité des cas, non.
Les coffrets très complets contiennent beaucoup de profils rarement utilisés. Résultat : tu paies cher, tu stockes mal, et certaines fraises s’abîment sans jamais servir.
Mieux vaut acheter quelques fraises bien choisies, adaptées à tes usages réels, puis compléter progressivement selon tes projets.
Quelle queue de fraise choisir : 6 mm, 8 mm ou 12 mm ?
Dès que ta défonceuse le permet, privilégie le diamètre 12 mm.
Il offre plus de rigidité, moins de vibrations et un meilleur contrôle de l’effort à la coupe.
Le diamètre 8 mm reste très courant et polyvalent, mais il est plus sensible aux vibrations.
Le 6 mm est aujourd’hui surtout réservé à des usages très légers ou spécifiques.
Roulement ou bague à copier : qu’est-ce qui est le plus précis ?
Les deux systèmes sont précis, mais ils ne répondent pas à la même logique.
Le roulement est rapide et simple, mais impose une profondeur d’usinage liée à sa position.
La bague à copier, indépendante de la fraise, offre plus de souplesse pour les gabarits et les assemblages précis, notamment quand tu veux contrôler finement la profondeur de passe.
Carbure monobloc, plaquettes brasées ou interchangeables : que choisir ?
Tout dépend de ton usage.
Le carbure monobloc offre une coupe très douce et précise, mais s’use plus vite sur des matériaux abrasifs.
Les plaquettes brasées sont économiques et polyvalentes, mais limitées en affûtage.
Les plaquettes interchangeables représentent souvent le meilleur compromis pour un usage régulier : qualité de coupe constante, durabilité et coût maîtrisé dans le temps.
Combien de fraises sont réellement nécessaires à l’atelier ?
Dans la pratique, un kit d’environ 6 à 8 fraises bien choisies couvre près de 80 % des besoins :
rainures, feuillures, affleurage, copiage, chanfreins et premiers assemblages.
Ce n’est pas la quantité de fraises qui fait la qualité du travail, mais leur cohérence avec ta machine et ta méthode.







Très bon article qui reprend pas mal de chose au sujet du choix des fraises, Merci.